La Parole à : Tahar Khalfoune :Non à une Europe forteresse !

Publié le par chaineze.kabouya.over-blog.com

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Tahar Khalfoune est un militant algérien du FFS (Front des Forces Socialistes), C'est aussi un ami. Il nous livre ici, sa vision de la situation en Libye. Mais aussi son analyse de la situation humanitaire et politique.

je le remercie pour cet excellent article et pour sa participation à ce blog!

bonne lecture.

 

Les révoltes des peuples de la rive sud de la Méditerranée, induites par la  révolution en Tunisie, affectent de plein fouet la Libye en proie à la terreur faisant des milliers de victimes. Des milliers de personnes sont contraintes de fuir les violences.

 

L’ONG International Crisis Group estime, à la fin du mois de mars, à 389 767 le nombre de personnes qui ont fui la violence en Libye pour se réfugier essentiellement dans les pays frontaliers, c'est-à-dire la Tunisiel'Égypte, le Niger, l'Algérie, le Tchad et le Soudan en attendant de retourner dans leur pays d'origine. À ce rythme, une moyenne de 6 200 personnes franchissent les frontières libyennes tous les joursdont une grande majorité d'entre eux, soit 250 000, sont des ressortissants de pays tiers qui ont besoin de rentrer chez eux.

 

Devant cet afflux massif de réfugiés de toute nationalité qui fuient l'insécurité en Libye, la situation humanitaire à la frontière tuniso-libyenne est très critique. Malgré les efforts déployés par les autorités tunisiennes, le dispositif d’accueil d’urgence est saturé, et les organisations internationales humanitaires sont extrêmement préoccupées du sort de dizaines de milliers de nationaux et d’étrangers,  et notamment les subsahariens, pris au piège dans ce pays.

 

L’Europe ne doit pas être une forteresse qui se montre avant tout préoccupée de se protéger contre « les flux migratoires incontrôlables », alors que les flux massifs de réfugiés sont plutôt dirigés vers les pays du sud en particulier vers la Tunisie et l’Égypte. L’Europe et la France en particulier, en raison de sa proximité historique, géographique et culturelle avec ces pays, ne peuvent être indifférentes devant ce drame humain entraînant des situations où des centaines de milliers de personnes ont besoin de protection.

 

Selon le ministère de l’intérieur italien, on compte près de 3 500 migrants qui ont débarqué sur l’île de Lampedusa entre vendredi 25 et lundi 28 mars, et au total près de 22 000 le nombre d’étrangers arrivés depuis janvier à Lampedusa et Linosa fuyant les violences en Tunisie et surtout en Libye. Plusieurs centaines d’entre eux (Tunisiens) ont été interceptés dans le département des Alpes maritimes. Depuis, un important dispositif de police a été mis en place par les autorités françaises à la frontière franco-italienne pour refouler systématiquement les migrants vers l’Italie.

 

La France doit rester fidèle à sa tradition d’asile et d'accueil des populations fuyant la guerre et doit donc recueillir et accompagner les personnes en quête de liberté et  de protection, et qui sont  contraintes de quitter ces pays à cause des affrontements violents. Il est urgent que l’Europe mette en faveur de ces personnes en quête de sécurité et de protection des  conditions matérielles d’accueil décentes et un dispositif juridique permettant d’accorder la protection à tous ceux qui peuvent légitimement s’en prévaloir.

 

T. Khalfoune

 

 

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